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Beha'alotekha - 2012 - par G.A. Les trompettes d’argent Dans la parasha que nous lisons cette semaine, un passage a attiré mon attention. Ce passage nous dit : "l’Eternel parla à Moïse en ces termes : confectionne-toi deux trompettes en argent, que tu façonneras d’une seule pièce. Elles te serviront à convoquer la communauté et à mettre en route les corps d’armée. Quand on en sonnera, toute la communauté devra se réunir auprès de toi."
Mais quel message voulait faire passer l'éternel à travers ces trompettes ?
Quand Moïse désirait rassembler autour de lui les représentants du peuple, le signal en était donné par une seule trompette. En revanche, l’ensemble des tribus étaient convoquées dès que les deux trompettes retentissaient.
Ces deux trompettes, celle du peuple et celle des chefs sont identiques, par la couleur et la forme. Ce qui permet de ne pas établir de différence de nature entre les chefs de la nation et les tribus si ce n’est que les premiers portent une responsabilité plus grande. Ainsi, devant D., les hommes sont considérés comme égaux.
Ces trompettes dirigent également les opérations militaires et accompagnent les réjouissances à l’occasion des fêtes. Les trompettes de D. se font entendre dans toutes les circonstances de la vie juive. Ce sont elles qui réunissent le peuple autour de D. mais ce sont elles aussi qui le guident à travers le danger et qui le conduisent vers la joie.
« D’une seule pièce… » : ces trompettes sont confectionnées d’une seule pièce, afin d’émettre le même son, les mêmes appels, les mêmes déclarations. Ainsi, elles obtiennent le but recherché et réunissent autour d’elles la communauté. Si elles étaient faites de pièces différentes, elles pourraient ne pas émettre les mêmes sons et ainsi créer des cloisonnements et des fractions qu’il faut éviter à tout prix. Une fois de plus apparaît cette unité qui, comme un fil conducteur, traverse la Torah et qui fait de notre législation un monument incomparable de l’idée d’un seul D.
Les deux sons déterminants étaient la téroua et la tekia et des commentateurs s’efforcent d’expliquer ce qu’elles représentent pour nous. Téroua évoque le principe du droit et de la justice, tandis que tekia est le son de la conciliation et de la paix. Or lorsque l’Eternel se met en marche, il faudrait interpréter, selon les termes de Moïse « Lève-toi, ô Eternel que Tes ennemis soient dissipés et que Tes adversaires fuient devant ta face » ; il y a là un signe que la justice Divine va s’ébranler à l’encontre de Ses ennemis : d’où l’ordre de sonner une teroua pour le départ. Pourtant, lors des campements, c'est la tekia qui est sonnée.
La teroua est une sonnerie saccadée qui imite le bruit de la marche des hommes et des animaux. Elle constitue ainsi un signal imagé pour la mise en route. Lorsqu'elle se dirigeait de Moïse vers le peuple, elle constituait un signal de départ des camps, et lorsqu'elle se dirigeait du peuple vers D. elle était un appel urgent au secours.
La tekia est, quant à elle, une sonnerie continue, uniforme, d'un seul souffle. C'est elle qui permet de réunir le peuple. Une sonnerie saccadée, comme la téroua, pourrait faire croire que les avis sont partagés. Elle ne ferait que semer la discorde et la mésentente au milieu du peuple dont une seule partie viendrait aux réunions.
La tekia représente la sonnerie générale qui unifie le peuple en cas de guerre ou de sacrifice de fête.
En ce qui concerne la guerre, la tekia se rapporte aux batailles messianiques livrées par Gog et Magog. Ce sont les seules batailles dont on peut dire que nous avons été délivrés de nos ennemis sans être soumis après coup à des servitudes. Ces sonneries n'ont pas seulement pour but de nous faire remporter la victoire mais également de nous recommander au souvenir de D.
Pour les sacrifices de fête, il y avait au moins 2 trompettes et au plus 120. Tandis que les cohanim sonnaient, les lévites chantaient. Selon les livres, les jours d'allégresse en question sont les jours du shabbat, ce qui donne donc la priorité à l'emploi de ces instruments sur l'interdiction de jouer de la musique.
Maïmonide déclare que « c'est une mitzvah que de se lamenter et de sonner des trompettes pour chaque malheur survenant à la communauté, comme il est dit : contre l'ennemi qui vous attaque, vous sonnerez des trompettes ». Cela fait partie d'une des voies du repentir. Ce qui est vrai des sonneries en temps de guerre l'est également de celles du choffar à Rosh Hashanah ou à Kippour.
En effet, ces sonneries ne peuvent à elles seules nous faire remporter la victoire sur notre mauvais penchant et nous amener à la repentance. Notre effort doit porter auparavant sur nos relations avec D. Quand nous aurons rétabli la confiance avec D. les sonneries du choffar nous aideront à remporter la victoire sur nous mêmes.
Nous sonnons les trompettes parce qu'elles constituent un acte servant à affermir une idée vraie, à savoir que D. perçoit notre situation et qu'il dépend de lui de l'améliorer pour autant que nous lui obéissions (comme par exemple en respectant les fêtes et le shabbat), ou de l'aggraver si nous lui désobéissons. Il ne faut pas voir en cela l'effet du hasard ou d'un simple accident.
Enfin, je suis très heureux que vous ayez répondu à la sonnerie de ma tekia en venant tous à la synagogue ce matin.
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